Jaguar XJR 2005
Par Bruno Bouchard
R comme dans rugir
La bête sait rugir! Déjà que le moteur d’origine ne s’en laissait pas imposer, en lui greffant un compresseur volumétrique dans la version XJR, Jaguar a donné au fauve une bonne dose d’agressivité. Un peu comme l’animal semi dressé, le moteur ronronne sous le capot et ne laisse pas entrevoir sa vraie nature. Un coup de fouet et il rugit immédiatement. C’est à ce moment que votre tête est projetée vers l’arrière. Vous n’êtes pas aussitôt remis de cette accélération soudaine, que la voiture roule déjà à 100 km/h. Cela n’a pris que 5.1 sec afin d’atteindre cette vitesse. L’indicateur de vitesse ne doit pas fonctionner correctement car l’aiguille grimpe à une vitesse ahurissante et pourtant, on n’a pas l’impression de rouler à plus de 80 km/h. Notre appareil de mesure a tôt fait de nous indiquer que le 400 m est franchi. Wow! Elle vient de franchir le 400m en seulement 13.5 secondes, et ce à une vitesse de 173 km/h. Le plus surprenant dans tout cela c’est que la vitesse de la voiture continue d’augmenter à un rythme élevé, même à cette vitesse. La XJR affiche des reprises tout à fait exceptionnelles. Le 80-120 s’effectue avec une aisance remarquable. Un seul coup d’accélérateur fait littéralement bondir la voiture, peu importe la vitesse à laquelle la voiture roule.
Le compresseur volumétrique ajoute 96 lbs-pi de couple et 96 chevaux de plus au V8 de 4.2 litres de base. Cela fait donc un total de 390 chevaux et 399 lbs-pi de couple pour la XJR. Le régime auquel le moteur démontre tout son potentiel est tout aussi impressionnant car le couple maximal de 399 est atteint à seulement 3500 tr/min.
La suspension de la XJR est différente de la jumelle moins sportive. Elle a donc été ajustée afin de donner une performance plus sportive tout en restant civilisée. Hélas, j’ai trouvé que le mariage entre les deux est plus ou moins réussi. C’est qu’à mon avis, malgré son caractère sportif, la voiture reste encore trop civilisée. Elle affiche donc un roulis assez présent en virage serré. De plus, son amortissement sportif jumelé au profil très bas des pneus, ont plus ou moins apprécié la période de dégel : les nids de poules et les crevasses sont fortement ressenties dans l’habitacle.
C comme dans conclusion
La XJR nous a époustouflé par ses accélérations et ses reprises. Elle est une bête sauvage qui ne demande qu’à démontrer ses performances hors pairs. Son côté plus civilisé apporte un luxe sans reproche, un bon confort, une tenue de route décente et un prestige difficile à surclasser.
Autres commentaires
Benjamin
J’ai adoré mon expérience de conduite avec ce félin. Ayant fait l’évaluation de la XJ8 plus tôt cette année, j’ai pu constater avec plaisir le surplus de puissance et de couple dans la XJR. Le résultat est tout à fait remarquable. Comme le mentionne Bruno, peu importe si vous roulez à 80km/h ou à 180km/h, la voiture bondit vers l’avant avec prestance. Dommage que la suspension soit mal calibrée, transmettant les imperfections de la route sans être pour autant sportive en virage. La XJR, par le luxe et la présentation de son intérieur, est une voiture unique nous donnant l’impression d’être dans un salon prestigieux. Bref, sans être incisive et sportive comme certaines rivales, elle impressionne par sa motorisation et par le cachet singulier qu’elle dégage. |