Hyundai Tibuton Tuscani 2003
Par René Gervais
Une coréenne vêtue à l’Italienne.
Avec l’introduction de la version Tuscani, qui est en fait une région de l’Italie, Hyundai décide cette année de nous servir son requin à la sauce italienne. Est-ce pour agrémenter le produit où nous faire croire que la saveur italienne de l’automobile est maintenant plus accessible? Résoudre cette question ne m’intéresse pas tellement alors sans perdre un instant, allons voir ce que j’ai pensé du petit poussin coréen.
Une gueule de prédateur
On pourra reprocher ce que l’on veut à Hyundai mais chose certaine, ces complaintes, du moins au niveau du look, ne viendront nullement de moi. Ce commentaire s’adresse tout autant à l’ensemble de leurs modèles qui du même coup, fait éclater la monotonie légendaire des voitures populaires.
Inspiré de la silhouette du requin, la nouvelle Tiburon présente des lignes plus épurées que la première génération qui elle, faisait moins l’unanimité auprès du public. Une fois de plus, cela démontre à quel point les stylistes de la compagnie savent évoluer, sans pour autant sacrifier la créativité et l’originalité.
À l’intérieur, bien que le portrait soit moins reluisant, le style est tout de même intéressant. L’ergonomie est bonne et on ne met pas un temps fou à se situer et connaître l’emplacement des différentes commandes, excluant le maniement de la télécommande de déverrouillage des portières. Si vous sentez que j’ai mis un bémol sur mon enthousiasme, c’est simplement que la présentation de la planche de bord, aux allures plus carrées, ne constitue pas le prolongement des lignes extérieures, beaucoup plus fluides. L’éclairage rougeâtre des cadrans vient toutefois, le soir venu, rehausser la beauté de l’ensemble.
Plus rusée que rapide
Pour arriver à ses fins, le requin se doit d’être à la fois agile et surtout très rapide. Notre Tiburon pour sa part, bien qu’il ne soit pas complètement dépourvu de vitesse, aura mieux fait de nous démontrer ses autres qualités s’il veut réellement nous convaincre de sa vocation sportive.
Tout est relatif, bien sûr, mais lorsque j’ai vu le sigle V6 sur le coffre arrière, je m’attendais à me faire décoiffer un peu plus. Du haut de ses 170 chevaux, le 0-100 km s’effectue en 7.5 secondes et le 400m. en 15.7 secondes. Pas si mal direz-vous? Je n’essaierai pas de vous convaincre du contraire mais enfin, ça aurait pu être mieux pour la sportive de la famille.
C’est plutôt lorsqu’on se lance dans une courbe à haute vitesse que l’enthousiasme renaît. Spécialement équipé de pneumatique à faire rougir la concurrence (Michelin Pilot Sport de dimensions P215/45R17), le Tuscani offre une tenue de route supérieure, autant en virage qu’à des vitesses non recommandées. Équipé du système électronique de contrôle de la traction (SÉCT), on se sent en sécurité même dans des conditions un tantinet plus extrêmes. Par contre, comme ce système a le défaut de ses qualités, les téméraires préférerons le désactiver afin d’exploiter d’avantage le potentiel de la voiture. Je peux d’ailleurs comprendre cela car bien qu’il soit utile, il est parfois quelque peu restrictif. C’est un peu comme un parent sévère qui veille sur nous et c’est sans doute ce même bienveillant qui a choisi le système de son, voulant protéger nos oreilles contre la surexposition à trop de décibel. Noter que si votre station préférée est celle de la première chaîne et que vous privilégié les émissions culturelles aux rythmes endiablés, cet aspect ne devrait pas trop vous agacer. J’ai toutefois rarement vu la clientèle cible de Radio Canada se promener en voiture sport jaune… |