Ford Taurus SHO 2010
Par Benjamin Cyr
Tout un « SHO » technologique
Malgré le fait qu’il s’agit d’une berline pleine grandeur, j’avais vraiment hâte d’essayer cette Taurus SHO 2010. Pourquoi me dites-vous? La réponse est simple : mes souvenirs de la première Taurus SHO qui fut disponible à partir de 1989. À cette époque, la SHO (Super High Output) avait surpris bien des amateurs de performance. Avec son V6 3 litres 24 valves conçu par Yamaha, la voiture offrait 220 ch et possédait des performances qui rivilisaient avec les vraies voitures sport de l’époque. De plus, le comportement routier de cette version survitaminée était tout aussi intéressant que les accélérations. Je me souviens encore un soir de 1992 alors que j’avais battu, sur un quart de mile, un de mes amis avec sa fameuse Mustang GT Cobra 1991 avec la SHO de mon oncle. Les fervants de Mustang et de Camaro n’en revenaient tout simplement pas. La disparition de la Taurus SHO eut lieu en 1999. Donc le retour de ce modèle est pour moi quelque chose de spécial, de plus qu’il survient au même moment que l'apparition de la toute nouvelle génération de la gamme Taurus.
Des caractéristiques à prendre au sérieux
La version SHO est au sommet de la gamme, tant en terme d’équipement de série, de performance que de prix. Il est bien vrai qu’une telle berline affichant un prix tout juste sous les 50 000 $ se doit d’en offrir beaucoup à son acheteur. Si vous évaluez la valeur de votre achat en vous basant sur les caractéristiques de série, alors cette grande berline est toute une aubaine : système audio Surround de Sony, radio satellite, double zone de contrôle de la températeure, sièges en cuir (et suède) chauffés à l’avant comme à l’arrière, fonction de refroidissement pour les sièges avant avec en plus massage fessier et lombaire, caméra de recul, toit ouvrant, rideau arrière, pédales ajustables, roues de 20 pouces, suspension sport, direction électrique, traction intégrale, etc. Par contre, la caractéristique la plus importante est celle qui se retrouve sous le capot. Il s’agit de la nouvelle technologie EcoBoost de Ford : un V6 3,5 litres avec deux turbocompresseurs et une transmission automatique à six rapports. Le résultat final est impressionnant avec un total de 365 ch et de 350 lb-pi de couple disponible dès 1700 trs/min. Ça promet!
Mérite-t-elle ses lettres?
Bien sûr que la Taurus est très logeable, confortable, silencieuse et son habitacle est très bien conçu et assemblé. D’ailleurs, Ford a fait un très beau travail à ce niveau. Et pour ceux et celles recherchant de l’espace à profusion, autant l’habitacle que le coffre vous permettrons de vous déplacer sur de longues distances sans aucun trouble. Toutes les versions de la nouvelle Taurus vous offrirons ces mêmes éléments, même le modèle de base offert pour moins de 30 000 $. Alors est-ce que la SHO nous propose vraiment les sensations de conduite auxquelles je m’attendais? Pas vraiment... et c’est dommage.
Commençons par la motorisation. Le V6 EcoBoost est un superbe moteur. On ne peut discerner la présence de turbos sur ce moteur car il n’y a aucun temps de réponse observable et la sonorité ne laisse filtrer aucun sifflement généralement associé à ce genre de motorisation. Les accélérations et le couple disponible sont à la hauteur d’un V8. La transmission n’hésite jamais lorsqu’il est le temps de rétrograder mais la rapidité des changements de rapports est un peu trop longue à mon avis. Bref, après quelques essais, j’ai réalisé un 0-100 km/h en 6 secondes exactement, et un quart de mile en 14,2 sec, ce qui n’est pas mauvais, loin de là. Il s’agit de temps beaucoup plus rapides que les autres versions de la Taurus. Mais personnellement, je m’attendais à mieux que cela considérant la puissance disponible et les trois lettres apposées sur la voiture. |