Jeep Wrangler Sahara 2008
Par René Gervais
Impression de conduite
Tel que mentionné dans l’introduction, vous auriez été en droit de vous attendre à un exposé complet sur le comportement hors route du Jeep mais ce n’est pas là que s’est passé mon essai. En fait, j’ai été appelé à faire un trajet de près de 1000 kilomètres et lors de la prise de décision, le Jeep n’était pas le seul véhicule à ma disposition et les autres options se voulaient, à prime abord, des valeurs plus sûres en terme de confort et surtout, de consommation d’essence. Cependant, après y avoir réfléchi quelques minutes, j’ai décidé de laisser une chance à ce Jeep pour m’amener en Abitibi. De plus, avec le paysage d’automne, je me suis dit que le parc LaVérendrye serait, à ce temps-ci de l’année, l’endroit par excellence pour y prendre de jolies photos.
Dès le départ, je fus grandement impressionné par la douceur de roulement de ce véhicule. Naturellement, je n’en suis pas à mon premier essai d’un Jeep alors je m’attendais à me faire brasser la cage. Surprise, ce ne fut pas le cas du tout! D’accord, un Jeep restera toujours ce qu’il est et c’est parfait comme cela mais contre toute attente, j’ai trouvé qu’il se comportait vraiment bien. En fait, je vous dirais qu’en terme de comparaison, il roule environ comme une petit camion du genre Chevrolet Canyon. Ce n’est donc pas un Cadillac, pour reprendre la vieille expression, mais tout de même c’est plus que respectable. Au fil des kilomètres, je me suis également rendu compte que le siège offrait un excellent confort, épargnant mon dos déjà hypothéqué cette journée-là. Les choses se déroulaient donc très bien.
Vient ensuite le temps d’effectuer quelques dépassements. Encore une fois, je m’attendais à pire. C’est certain qu’il faut s’y prendre un peu plus d’avance et que les 202 chevaux devant déplacer cette masse en ont plein les bras mais le travail s’exécute tout de même bien. Il ne manquait plus que la musique! Et là croyez-moi, j’en ai eu pour mon argent. Comme le système de son Infiniti à sept haut-parleurs doit être assez puissant pour accommoder lorsque le toit est enlevé, la puissance sonore est incroyable. Grâce en plus à un haut-parleur d'extrêmes-graves situé dans le coffre arrière, vous saurez faire lever la baraque sur le bord de la plage. Oh, en passant messieurs, certaines demoiselles aiment vraiment l’aspect viril du Jeep. Assurez-vous toutefois de ne pas vous faire voler la vedette.
Une fois mon périple sur la route terminé, il me resta quelques jours à faire en ville, histoire d’avoir un aperçu plus complet du beau Sahara. Évidemment, j’avais réussi à faire baisser l’indicateur de consommation d’essence à 11,3 litres au 100 kilomètres sur la route, ce qui est selon moi très bon pour ce type de véhicule. Je savais toutefois que cela n’allait pas durer et mon cher collègue Benjamin, d’une douceur inconditionnelle dans sa conduite, me disait n’avoir pu faire mieux que 19 litres au 100 en ville. J’étais donc impatient de voir comment je pourrais m’en tirer et au terme de près de 300 kilomètres de ville, la consommation s’était stabilisée autour de 13,2 litres. Je dois admettre que pour cela, il faut porter une attention constante à notre façon de conduire, être extrêmement doux sur l’accélérateur et ne pas hésiter à se servir du levier de vitesse aussi souvent qu’il le faut. Toutefois, en respectant cela, on arrive à un résultat fort respectable dans les circonstances.
Conclusion
Ce fut pour moi une expérience agréable de faire l’essai de ce Jeep. D’une part, j’ai pu me rendre compte qu’il n’est pas fait pour tout le monde car malgré tout le plaisir que j’ai eu, jamais j’en posséderais un comme véhicule principal. Malgré toutes les améliorations lui ayant été apportées au fil des années, il garde tout de même son lien génétique avec les générations précédentes et vous savez quoi, c’est parfait comme cela. Donc, qu’on l’aime ou pas, ce tout-terrain est un icône et comme c’est malheureusement le cas de nos jours, trop de produits perdent leur réelle saveur. Je félicite donc Chrysler de se tenir debout et de ne pas trop diluer ce qu’est la vraie essence du Jeep.
Autres commentaires : Benjamin
Vu que je suis à nouveau une cible dans cette évaluation, je vais vous dire tout de suite que j’ai tout de même apprécié ce Wrangler. Il est plus joli qu’auparavant, sa motorisation est beaucoup plus appropriée que le « vieux » 4 litres, et la présentation du tableau de bord est une nette amélioration. Par contre, il faut constamment se promener entre les six rapports de la boîte manuelle afin d’obtenir une consommation décente, et le confort des passagers n’est pas la priorité de ce Jeep. Mais reste que je comprends ce phénomène, à défaut de vouloir le vivre personnellement. |